Sur la route de l’artisanat équatorien

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L’Équateur regorge de matières premières exceptionnelles que les peuples autochtones ont su appréhender au fil de l’histoire. Cet artisanat tantôt délicat tantôt rustique illustre le savoir-faire d’une nation multiculturelle et syncrétique. Les artisans proposent un artisanat ancestral exclusif et sur mesure respectueux de l’homme et de son environnement. Nous vous invitons à visiter les ateliers des artisans les plus doués, qui contribuent à préserver l’identité du pays.

Tour d’horizon d’un artisanat riche et à l’histoire métissée.

Le travail de la laine

L’alpaga : laine de luxe

Les lamas étant domestiqués depuis plus de 4000 ans dans les Andes ont été réintroduits depuis près de 30 ans dans le centre de la Sierra équatorienne, au pied du Chimborazo. La laine de l’animal est dorénavant un moyen de subsistance pour de nombreuses communautés andines et un moyen de valoriser leur savoir-faire ancestral.

Il existe aussi d’autres manières de travailler la laine pour élaborer des chapeaux, des ponchos, etc. aux couleurs vives et naturelles.

L’or blanc : le coton

Le coton est cultivé sur la côte Pacifique dans la région de Manabí. Il est à la base de nombreux vêtements ou décorations typiques dans certaines régions. Découvrons lesquelles.

Les broderies de Zuleta : les petites mains d’Imbabura

L’hacienda de Galo Plaza Lasso fut pionnière dans l’art de broder. Dans les années 1940, Doña Rosario Pallares, la femme de l’ancien président de l’Équateur, Galo Plaza, enseigna aux femmes indigènes à broder selon une technique venue d’Espagne, sur un tissu en coton ou en lin clair.

Les femmes de la communauté commencèrent à broder pour l’hacienda puis purent travailler à leur compte. Elles créent aujourd’hui leurs propres designs telles que des fleurs, colibris, etc. L’un des secrets de ces broderies se trouve dans les fils utilisés par les petites-mains : du fil en coton français DMC dont la qualité et la résistance ont fait leurs preuves. La broderie de Zuleta est sans doute l’un des savoir-faire les plus raffinés d’Équateur.

Le macana : l’élégance d’Azuay

Le coton est en effet la base de ces châles typiques de la région de Cuenca. Certains sont tissés à partir de fils de laine ou de soie. Les villages de Gualaceo, Bullcay et Bullzhun dans la région de l’Azuay comptent encore plus d’une centaine d’artisans, conservant ainsi le savoir-faire depuis plus d’un siècle.

Sur l’ourdissoir, on prépare 4000 fils regroupés par dizaines et entourés d’une certaine manière, en fonction de la forme souhaitée, avec des fils de cabuya (fibre de l’agave américain).

Les fils de coton sont ensuite baignés dans des teintures naturelles comme de la pierre volcanique, de l’acacia pour le jaune, des noix de tocte ou nogal pour le beige, du bleu indigo et des cochenilles pour le rouge carmin. Cette tâche était initialement destinée aux femmes. Les tâches présentes sur le tissu donnent ainsi naissance à des formes originales suivant ainsi la technique de l’ikat.

Le fil est alors tissé à la main souvent par les hommes. Environ 2500 fils sont ensuite tissés sur un métier attaché autour de la ceinture.

La technique du tissage descend des ethnies précolombiennes qui posaient le métier à tisser sur les hanches. Pour les pièces plus imposantes, les artisans utilisent dorénavant le métier à tisser à pédales introduit par les Espagnols afin de tisser jupes, ponchos et couvertures en laine de mouton. La technique se serait développée grâce à des échanges avec le Pérou. Le tissage à la main comme au crochet, finalise le châle et démontre la dextérité de la tisseuse et justifie ainsi le prix. Drapeaux, armoiries, oiseaux, fleurs sont ainsi élaborés avec soin.

Le macana se porte avec la broche typique des indigènes tupo. La manière de porter le macana ainsi que sa couleur indiquait le statut de la femme : bleu et blanc pour les femmes mariées, noir et blanc pour les femmes âgées ou veuves. Dès le XVIII siècle, le châle était un signe distinctif et de prestige. Les femmes de la région de Cuenca, possédaient parfois jusqu’à 6 châles. La parfaite maîtrise du tissage hérité de père en fils donne au vêtement un caractère unique et charmant. La technique du macana fut déclarée patrimoine culturel immatériel par le Ministère de la Culture d’Équateur en 2015.

Otavalo ville de tisserands

A Peguche près d’Otavalo, l’expertise des communautés indigènes du tissage de matières comme le coton est ancestrale. Les femmes tissent à la main des écharpes, vestes ou éléments décoratifs en conservant l’art des formes géométriques typique de la cosmovision andine. Le travail du textile est de tradition ancienne notamment dans les communautés indigènes et une source de revenus non négligeable.

Le bois

A Quito, les artisans du bois, encore aujourd’hui influencés par la fameuse École de Quito, proposent entre autres coffres en bois à la confection singulière : les bargueños. Tout un secret !

En Amazonie, de nombreuses communautés élaborent des bijoux en tagua, fruit extraordinaire d’un palmier qui est séché puis taillé afin d’en faire des bijoux ou de petits objets décoratifs.

Dans le petit village de Tigua, les artisans sont reconnus pour leurs peintures sur bois aux représentations de style naïf. Souvent, les tableaux reflètent les légendes de la région de la lagune du Quilotoa.

Les fibres naturelles

Les roseaux

La totora (roseaux) est séchée puis tissée pour faire des tapis de sol, des paniers et d’autres pièces de décoration écologiques et résistantes.

A San Pablo del lago près d’Otavalo, le lac fournit les populations de la région en roseaux. Les populations coupent les tiges âgées de 7 mois, deux fois par an, les laissent sécher et sélectionnent les tiges les plus claires.

Les techniques de tissage sont nombreuses comme la mazorga ou estera pour les tapis ou l’amarrado pour les meubles, laissant ainsi une créativité sans fin aux artisans.

La totora est utilisée depuis l’époque préhispanique par les peuples de la région : embarcation de lac, tapis, lit, ustensiles de cuisine, nappe, éventail. Ces éléments furent d’ailleurs donnés comme tribut à l’Inca.

Les fibres d’agaves sont aussi utilisées un peu partout en Équateur. Dans la Sierra centrale, les femmes confectionnent des shigras, petits sacs à l’aspect rustique, mais fort utiles, tissés à partir des fibres de l’agave ou cabuya. La fibre de cabuya est encore utilisée pour confectionner les sacs de café ou des chaussures, car elle est très résistante.

Le panamá, commercialisé à Cuenca- symbole par excellence du tissage de fibre végétale- fut inscrit au patrimoine immatériel de l’Humanité de l’UNESCO en 2012. Fabriqué à partir de la paja toquilla présente sur la côte Pacifique et travaillée à Monte Cristo, suivant un procédé très élaboré, le panamá fut utilisé par les ouvriers du fameux canal où il acquit sa renommée internationale.

La palme de Chambira

La plante astrocaryum chambira est largement utilisée par les communautés vivant dans le bassin amazonien notamment les Waorani ou les Secoyas. La plante était initialement utilisée pour ses vertus médicinales afin de contrer les rhumatismes et les infections de la peau. Dorénavant, les femmes de la communauté s’attèlent surtout à tisser toutes sortes de sacs, hamacs, paniers et bijoux. Elles font ainsi perdurer la tradition et apportent des revenus à leurs communautés.

La coloration apportée aux fils se fait grâce à l’utilisation d’insectes fluorescents ou de pierres trouvées dans les rivières environnantes.

Sur la côte Pacifique, dans le nord de la région d’Esmeraldas, la communauté indigène Epera, fuyant la Colombie en 1964 à la recherche d’une terre, fabrique quant à elle des paniers en fibre de chonta, palmier à fruits rouges, qui sont utilisées pour le stockage ou le transport de la nourriture. Vivant initialement en autarcie de la pêche, de la chasse et de l’agriculture, ils survivent aujourd’hui grâce à l’artisanat.

La céramique : une pratique millénaire

Les civilisations qui peuplaient l’Équateur avant l’arrivée des Incas ont laissé de nombreuses traces du travail de l’argile et d’autres terres, évoquant des organisations sociales complexes, à la spiritualité présente et des économies basées sur l’agriculture et le commerce pour la plupart.

À la période formative, la civilisation Valdivia – la plus ancienne connue en Amérique latine, est présente entre 3500 et 1500 avant J.C dans la région de l’actuelle ville de Santa Elena. Leurs techniques céramiques d’abord simples ont évolué dans le temps. Aujourd’hui, les Vénus de Valdivia sont des figurines féminines connues de l’art pré-incaïque équatorien.

Par la suite, les Chorera (1300 à 300 avant J.C) situés sur la côte Esmeraldas élaboraient des sifflets, des poteries avec hanses et des figurines anthropomorphes. Les scientifiques ont surtout retrouvé des vases anthropomorphes ou zoomorphes de couleurs rouge ou noire polis et parfois incisés. De la même manière, les Machalilla (1800 avant J.C), installés sur la côte centrale de l’actuel Équateur, élaboraient des récipients creux de couleur beige avec des engobes tintés de rouge.

Plus tard, durant la période du développement régional (200 avant J.C à 700 après J.C), les cultures Tumaco-Tolita présentes sur la côte Pacifique entre 600 avant J.C et 300 après J.C ont laissé des traces de leurs objets céramiques mettant en lumière des éléments quotidiens, de leurs rituels polythéistes avec leurs figurines de shamans mâchant de la coca ou des figures anthropomorphes ou zoomorphes.

La civilisation Jama Caoque, quant à elle, élaborait surtout des sculptures de personnages notables de l’organisation avec des teintes assez colorées. L’art équatorien garde comme référence : L’homme au poncho vert.

D’autres peuples tels que les Bahia, les Guangala et les hommes présents dans la Sierra du nord de l’Équateur, avaient aussi leurs propres styles.

Enfin, durant la période d’intégration (650 à 1532 après J.C) les Atacames et les Manteño Huancavilca ont élaboré des objets plus simples, mais dont la fonction exacte n’a pas encore été découverte par les scientifiques.

Quoi qu’il en soit, ces objets témoignent de cultures avec une forte organisation sociale autour, notamment, de la figure du shaman. Des outils et même des instruments de musique ont été retrouvés. Le musée de l’Alabado à Quito, né de collections privées, permet de découvrir les grandes caractéristiques de ces peuples.

La céramique lisse d’Amazonie

Les Quichwas de la région amazonienne de Pastaza, produisent de la céramique à partir de la terre présente en bord des rivières Pastaza et Napo : les mucahuas.

La terre est sculptée à partir de calebasse vide. Une fois cuite, la terre est recouverte d’un engobe rouge.

Le plus souvent, les femmes sont à l’œuvre et produisent les bols qui seront utilisés pour boire la chicha (boisson de manioc fermenté).

Avec leurs cheveux, elles peignent des représentations des esprits de la nature environnante : les supai qui représentent des tortues d’eau, des étoiles, des montagnes ou encore des pattes de grenouilles qui ont une fonction protectrice pour les femmes et leurs activités de cueillette et de préparation de la nourriture. Le motif mama churana est la base de toutes les poteries. Les figures géométriques oscillent entre le noir (obtenu par frottage de feuilles) et le blanc.

La poterie est ensuite recouverte d’une résine élaborée à partir du protium.

Amazonie-mucahua
Amazonie-mucahua

Les céramiques de Cuenca et Loja

L’arrivée des Espagnols a marqué un brassage des pratiques de céramique. Les céramiques de Loja et Cuenca en sont les témoins.

À Cuenca, l’argile est vernie après cuisson laissant ainsi aux objets des tonalités orangées, vertes et marrons. Le quartier Las ollerias, dans le centre de la ville, témoigne de l’effort de conserver cette tradition, somme toute, récente.

À Loja, les artisans posent un vernis noir ou peignent les céramiques qui sont en général des objets de la vie quotidienne.

Le travail du cuir

Cotacachi est l’une des villes de référence pour le travail du cuir. À quelques minutes de la lagune de Cuicocha, vous trouverez de nombreux magasins qui vendent sacs, chapeaux, vêtements et chaussures en cuir d’Équateur.

Cuicocha
Cuicocha

Au cœur de la région agricole du Montubio, le cuir est surtout travaillé à des fins équestres.

Tout laisse à supposer que cette technique du cuir est arrivée au moment de la colonisation.

Les bijoux de Chordeleg

A Chordeleg, à quelques kilomètres de Cuenca, les artisans brodent des bijoux à partir de fils d’argent valorisant ainsi une tradition d’orfèvrerie venue d’Espagne.

La région de Chordeleig est apparemment riche en or et en argent. Des sépultures retrouvées démontrent l’existence du travail de l’or et de l’argent par le peuple Cañari. Les Espagnols apporteront durant la colonisation leurs techniques qui donneront toute la finesse aux bijoux élaborés dans ce village.

La longue histoire des civilisations pré-incaïques qui peuplèrent la région pendant des siècles, de l’Amazonie à la côte Pacifique, montrent une tradition ancrée dans l’usage des matériaux qu’offrent la luxuriante nature présente sur le territoire équatorien. Aujourd’hui, ces pratiques pluriséculaires se sont nourries du brassage des cultures pour donner un artisanat riche, source de revenus des communautés indigènes.

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