Ironie de l’histoire, c’est en suivant le Capac Ñan, réseau routier bâti par les incas, que Pizarro et ses hommes colonisent l’Equateur. Ils vainquent le général inca Rumiñahui, qui préfère leur laisser Quito dans un état de destruction totale plutôt que de leur offrir la ville. Les espagnols refondent ensuite la capitale en décembre 1534.

L’Equateur est alors intégré au vice-royaume du Pérou. En 1563, il aquiert un statut administratif plus élevé, celui de Real Audiencia de Quito. Il sera plus tard intégré à la Gran Colombia, avec l’actuelle Colombie et le Vénézuela.

Le pillage des ressources pendant l’ère coloniale

Comme dans le reste du sous-continent, les colons espagnols exploitent les gisements d’or et d’argent. Cette quête de ressources est souvent dangereuse et tue un grand nombre de soldats, d’aventuriers, et surtout d’indigènes. Une rumeur court alors, selon laquelle l’Amazonie abriterait un royaume empli d’or, El Dorado.

En 1541, Francisco de Orellana s’embarque avec ses hommes sur le Rio Napo en quête de provisions pour l’armée de Pizarro. Mais il abandonne vite cette mission pour se consacrer à la quête de métaux précieux. La majorité de ses hommes périssent au cours du voyage. En 1542, ils débarquent dans un village d’Amazonie où ils sont attaqués par les locaux, en l’occurrence par des femmes guerrières. Ils nomment alors Amazone le fleuve sur lequel ils naviguaient, en référence aux légéndaires guerrières de la mythologie grecque.

Sur la ruée vers l’or, nous vous recommandons de visionner le célèbre film de Werner Herzog : Aguirre, la colère de Dieu (1972).

L’agriculture et le système des encomiendas

Après avoir exploité l’or et l’argent, les espagnols se tournent vers la culture d’une terre particulièrement fertile. C’est sur la côte équatorienne qu’on plante les premières bananes d’Amérique du Sud.

Les nouveaux arrivants importent alors des vaches, des mulets, des chevaux et des porcs. Les marchandises transitent par le port de Guayaquil, qui devient alors le passage obligé des galions espagnols. Cela vaudra à la ville d’être régulièrement menacée, incendiée, et surveillée au large par les pirates européens, à l’affût des ressources extraites du sous-continent latino-américain.

A travers le système des encomiendas, les indigènes sont mis à la merci des colons espagnols. Ceux-ci se voient en effet attribuer un lopin de terre en même temps que ses habitants. Supposés éduquer et évangéliser les indigènes à leur service, les colons espagnols les traitent en réalité comme de véritables esclaves. Des milliers d’indigènes meurent à la tâche ou des suites des maladies apportées par les envahisseurs. Vers 1600, on compte plus de 500 encomiendas en Equateur.

A l’époque, les religieux et dirigeants espagnols débattaient très sérieusement pour déterminer si les indigènes avaient ou non une âme, et méritaient ou non d’être évangélisés et traités comme égaux. Ce débat historique est illustré dans le livre et le film La Controverse de Valladolid (1992). A l’époque, il en ressort que les indigènes ont un statut égal à celui des blancs selon la cour espagnole. Ces considérations ne s’appliquaient pas aux esclaves noirs.

Les esclaves noirs et la République de Zambos

Malgré tout, l’oppression des indigènes continue, et l’importance des pertes humaines amène les colons espagnols à faire venir des esclaves d’Afrique, pour travailler dans les plantations de cacao, de canne à sucre et de bananes notamment.

C’est à ces esclaves noirs que l’on doit aujourd’hui la richesse de la culture afro-équatorienne, particulièrement présente dans la province d’Esmeraldas et dans la Vallée du Chota.

Il est important de noter à cet égard que les premiers habitants noirs d’Esmeraldas furent des femmes et des hommes libres. En effet, un bateau chargé d’esclaves, allant de Lima à Panama, s’échoua sur les côtes d’Esmeraldas en 1553, et de nombreuses personnes s’en échappèrent. Ils se mêlèrent aux indigènes locaux, les Cayapas, et formèrent la République de Zambos.

Ils demandèrent à être reconnus par les autorités coloniales, mais celles-ci s’y réfusèrent systématiquement, ne voulant pas générer de précédent pouvant légitimer des revendications chez les esclaves de la Sierra. En 1600, les fils d’Alonso de Illescas parviennent à obtenir une reconnaissance formelle des autorités coloniales, selon certaines conditions imposées par celles-ci, afin de maintenir l’autonomie de la République de Zambos.  Dans le même temps, les jésuites utilisaient des esclaves noirs dans leurs plantations de la Vallée du Chota, et nombreux étaientt ceux qui prenaient la fuite vers Esmeraldas pour gagner la liberté.

Les horribles traitements infligés tant aux indigènes qu’aux esclaves noirs débouchèrent sur plusieurs soulèvements, durement réprimés, au cours du XVIIIème siècle.

L’évangélisation pendant l’ère coloniale

L’évangélisation va de pair avec la colonisation et la religion catholique est imposée aux amérindiens. Les ordres religieux, comme les franciscains ou les dominicains, puis les jésuites, font leur apparition. Il est intéressant de noter que les espagnols participèrent à une plus grande implantation du Kichwa, récemment imposé par les incas, pour faciliter l’évangélisation des indigènes.

Les centres historiques coloniaux de Quito, Cuenca, Ibarra ou encore Riobamba sont érigés. Ces villes sont encore aujourd’hui les témoins d’une période faste pour l’art baroque et l’architecture coloniale d’une manière générale. Ces constructions ont été possibles grâce à l’exploitation, dans des conditions très pénibles, des amérindiens mais également des esclaves noirs.

Pour faciliter l’évangélisation, la cour espagnole n’hésite pas à utiliser l’art, puissant moyen d’influence. Des tableaux et sculptures religieuses sont importés d’Espagne. Puis, la cour se met à former des artistes locaux, qui vont habilement mêler symbolique chrétienne et éléments culturels et spirituels andins, afin de faciliter l’évangélisation des masses.

Nombre d’églises sont érigées sur des lieux de culte solaire. Plusieurs d’entre elles sont construites de façon à ce que le soleil illumine des représentations de l’Esprit Saint au moment des équinoxes et des solstices. Et l’on trouve même une illustration des apôtres mangeant des humitas (pain de maïs) lors du dernier repas ! Ce style artistique est connu sous le nom d’Escuela Quiteña. Vous pouvez admirer les œuvres de Caspicara, l’un de ses représentants, au Musée National de Quito ou au Monastère de San Francisco, situé dans le centre historique de la capitale.

Les premières tentatives de libération nationale

Sous l’égide des colons, une élite locale se forme progressivement. Constituée de criollos, des descendants d’espagnols nés sur place, c’est cette élite qui gouverne en réalité le pays. La lointaine couronne espagnole, emmêlée dans ses conflits en Europe, notamment avec la France voisine, commence à être défiée par les dirigeants locaux dès le début du XIXème siècle.

La première tentative de libération nationale, menée par Juan Pio Montufar, marquis de Selva Alegre, a en effet lieu en 1809. Celui-ci parvient à prendre Quito aux espagnols pendant 24 jours. C’est un échec, mais la voie de l’indépendance est tracée…

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