De l’Indépendance à aujourd’hui

Au tournant du XVIIIème siècle, l’Espagne perd peu à peu le contrôle de ses colonies en Amérique du Sud. Incités par la Révolution française et l’indépendance des États-Unis, l’élite criolla (créole) prend la ville de Quito le 10 août 1809. C’est un échec mais cette première bataille ouvre la voie vers l’indépendance.

Entre l’Indépendance et la période actuelle, l’Équateur traverse de nombreuses crises politiques, économiques et diplomatiques. La première constitution démocratique est signée en 1978. Le mouvement indigène se construit politiquement et se renforce, arrachant progressivement des droits aux derniers gouvernements. Actuellement, l’Équateur se débat avec un ralentissement économique né de la dernière chute des prix du pétrole.

La longue lutte vers l’Indépendance

Après la première tentative de libération nationale menée par Juan Pio Montufar, marquis de Selva Alegre, en 1809, il faudra plus de dix ans au Vénézuélien Simon Bolivar et à l’Argentin José de San Martin, pour libérer peu à peu les anciennes colonies espagnoles d’Amérique du Sud. Ainsi, la  Colombie acquiert l’indépendance en 1811 mais il faudra attendre 1822 en Équateur et 1825 en Bolivie.

Avec l’appui de Bolivar, le Général Mariscal Sucre remporte la bataille décisive sur les flancs du volcan Pichincha à Quito le 24 mai 1822. Bolivar et San Martin rêvaient alors de créer une confédération sud-américaine, à l’image des États-Unis, en réunissant le Venezuela, la Colombie, l’Équateur, le Pérou et la Bolivie. Mais les intérêts des nouvelles entités nationales divergent et le Pérou attaque l’Équateur au sud. La confédération explose et l’indépendance de l’Équateur est définitivement proclamée en 1830.

Les premiers gouvernements équatoriens

Une fois gagnée l’indépendance, l’unification nationale rencontre de nombreuses résistances et se heurte notamment à la rivalité entre les élites de la côte Pacifique, commerçants et libéraux et celles de la zone andine, propriétaires terriens conservateurs. L’arrivée au pouvoir du chrétien fervent Garcia Moreno en 1859 et la construction des chemins de fer nationaux facilitent ensuite le développement des relations commerciales et politiques.

Celui-ci met en place des mesures en faveur de l’éducation, créé des hôpitaux publics et abolit l’esclavage. Mais c’est aussi un fondamentaliste qui n’hésite pas à réserver le droit de vote et la possibilité d’être élu aux seuls chrétiens.

En 1895, l’arrivée des libéraux au pouvoir, menés par le célèbre Eloy Alfaro marque un tournant politique. Il instaure la séparation de l’Église et de l’État, renforce l’éducation publique, garantit la liberté d’expression et de culte et autorise le divorce. Il poursuit également la construction des voies de chemin de fer. Ses idées, jugées trop libérales, débouchent sur des émeutes. En 1912, l’une d’entre elles lui sera fatale.

Instabilité politique et économique sur fonds de luttes d’intérêts privés

L’instabilité politique et économique domine entre 1925 et 1972. Militaires et civils prennent le pouvoir à tour de rôle. Coups d’états, purges, abandons de pouvoir marquent une vie politique difficile à suivre, en fonction des luttes d’intérêts des élites.

En 1941, le Pérou profite de la fragilité du gouvernement équatorien pour envahir le sud de l’Équateur. C’est après trois affrontements entre ces deux pays, le dernier s’achevant en 1998, que sera définitivement établie la ligne frontalière qui sépare l’Équateur du Pérou.

En 1967, un évènement majeur marque l’histoire de l’Équateur : on découvre du pétrole dans la bourgade de Lago Agrio, en Amazonie. De nombreuses multinationales se ruent alors vers la source de leur future richesse.

Entre 1972 et 1978, l’armée met en place une dictature violente. Le boom pétrolier des années 1970 permet au pays de se maintenir.

La première constitution démocratique et l’avènement du mouvement indigène

En 1978, est signée la première constitution démocratique. L’année suivante, les premières élections libres sont tenues.

Le mouvement indigène prend de l’ampleur, dénonçant les inégalités dont sont victimes les peuples indigènes depuis la colonisation. En 1990, la CONAIE (Confédération des Nationalités Indigènes de l’Équateur) prend la tête d’une grève qui paralyse le pays pendant plusieurs jours, revendiquant une répartition plus juste des terres accaparées depuis la colonisation, l’accès à l’eau potable et à l’eau pour l’irrigation agricole. Le mouvement indigène demande également une réforme constitutionnelle qui reconnaîtrait la nature plurinationale de l’État équatorien et assurerait l’enseignement, la reconnaissance et le respect des langues et cultures indigènes par l’État.

La CONAIE lance ensuite un mouvement politique (Pachakutik – Nouveau Pays) qui s’alliera successivement avec la droite, puis la gauche, sans trouver de débouché à ses revendications jusqu’à l’arrivée du président Correa.

La particularité du mouvement indigène est de porter des revendications pour l’ensemble de la société. Le slogan du soulèvement de 1990 fût en effet : « Rien qui ne soit que pour les indigènes ». Leurs mobilisation demandent ainsi la restructuration de la dette, le rejet de la soumission aux grandes puissances, le renforcement des services publics, etc.

La douloureuse dollarisation de l’Équateur

Mais les années 1990 voient aussi l’arrivée de gouvernants qui déstabilisent à nouveau le pays, tandis que l’économie dépend fondamentalement du pétrole. En 1997, le président Abdala Bucaram Ortiz, connu pour son excentricité est destitué pour « incapacité mentale ». Se succèdent ensuite trois chefs d’État en une nuit.

Le conflit avec le Pérou refait également surface pendant cette décennie et c’est seulement en 1998 qu’un accord est trouvé avec le dirigeant voisin Fujimori.

Puis la chute des prix du pétrole et la crise provoquée par El Niño dévastent le pays. Face à cette situation, le gouvernement néolibéral gèle les avoirs bancaires et tente de convaincre la population d’adopter le dollar comme nouvelle monnaie nationale pour faire blocage à l’inflation.

La résistance de la population, notamment de la CONAIE, entraîne le départ du président Mahuad, remplacé par un triumvirat peu convaincant, puis par Gustavo Noboa qui entérine la dollarisation en mars 2001.

Cette mesure entraîne certes une stabilisation de l’économie, mais c’est aux dépens de la population, qui perd une grande partie de son pouvoir d’achat (le plus bas d’Amérique Latine). Le feriado bancario (gel des avoirs bancaires), comme l’appellent les équatoriens, débouche sur le départ massif de travailleurs équatoriens pauvres et des classes moyennes vers les États-Unis et l’Espagne, laissant souvent derrière eux des enfants qui seront élevés par les grands-parents. Ironiquement, beaucoup des équatoriens qui avaient migré vers l’Espagne sont revenus depuis le début de la crise économique qui frappe la péninsule ibérique actuellement.

Correa et la « révolution citoyenne »

Après le passage du président Lucio Gutierrez qui abandonne ses promesses de campagnes progressistes pour des politiques néolibérales et est destitué en 2005, Alfredo Palacio gouverne durant un an.

En 2006 est élu Rafael Correa qui promet des changements radicaux : la fin de la soumission aux États-Unis et aux institutions financières, une nouvelle Constitution, la lutte contre les inégalités, la création d’infrastructures routières et le renforcement des services publics…Durant ses trois mandats, il met en place de nombreuses réformes en ce sens et la pauvreté diminue.

A la fin des années 2000, il initie l’ambitieux projet Yasuni ITT. Cette initiative proposait, grâce à des compensations financières demandées aux pays occidentaux, de renoncer à l’exploitation du pétrole dans cette réserve naturelle amazonienne. Cela fût un échec et le gouvernement actuel, présidé par Lenin Moreno, continue à autoriser toujours plus de concessions minières et pétrolières, suivant en cela les traces de ses prédécesseurs, mettant en péril les écosystèmes précieux qu’abritent l’Amazonie, mais aussi la Sierra et la côte Pacifique.

La chute des prix du pétrole et de nombreux scandales de corruption entachèrent également la réputation de Correa, remplacé en 2017 par Lenin Moreno, le président actuel de l’Équateur. Celui-ci s’est présenté sous le drapeau du même parti que Correa mais a considérablement réorienté les politiques nationales, suivant les idées néolibérales, renouant des liens avec le FMI.

En 2019, un fort mouvement de contestation, largement mené par la CONAIE, s’est opposé à l’application de certaines mesures demandées par le FMI. A l’heure actuelle, la situation politique et économique est stable malgré la reformation de mouvements d’opposition puissants.

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