Les missions géodésiques en Equateur

La première mission géodésique 1736-1743

La mission géodésique d’Équateur fut la première expédition scientifique dans le Nouveau Monde.

Charles-Marie de La Condamine figure de proue de l’expédition

Charles-Marie de La Condamine, explorateur et scientifique français mène la première mission géodésique en Équateur de 1736 à 1743. Le territoire situé au nord du Pérou faisait alors partie du Vice Royaume de Nouvelle-Grenade, auparavant nommée Real Audiencia de Quito. En 1734, Philippe V, roi d’Espagne, intéressé par la cartographie de navigation soutient l’expédition. Puis en 1735, l’Académie des Sciences dont fait partie La Condamine depuis 1730, le charge de mener une mission de mesure de la longueur de l’arc du méridien de l’équateur et de mesurer la figure de la Terre.

En 1735, la première mission géodésique est envoyée en Équateur avec cinq scientifiques : Charles-Marie de La Condamine, les astronomes Louis Godin et Pierre Bouguer, le botaniste Joseph de Jussieu et d’autres hommes. Les scientifiques sont rejoints par deux d’officiers espagnols dont Antonio de Ulloa. Charles-Marie de La Condamine fut soutenu par Voltaire pour entreprendre cette mission.

Un seul objectif : prouver la thèse newtonienne

Il s’agissait, en effet, de vérifier l’hypothèse de Newton qui affirmait que la Terre avait une forme d’ellipsoïde aplatie aux pôles. Deux clans s’opposaient à l’époque sur la figure de la Terre. Les uns, suivant les thèses du mathématicien Cassini qui suggérait que la Terre était aplatie à l’équateur et les autres, celles de Newton. En parallèle, l’Académie des Sciences soutient une expédition en Laponie. C’est la théorie de Newton qui sera vérifiée dans les deux cas.

Une mission tumultueuse dans la région de Cayambe

Les difficultés rencontrées dans les hautes montagnes de la cordillère des Andes, les dissensions internes, les querelles savantes et la méfiance des indigènes et des autorités locales marquent le périple qui se déroula entre la région au nord de l’actuel Quito et jusqu’à Cuenca. L’expédition ouvre une sorte de laboratoire de mesure à ciel ouvert avec télescopes, compas et cadrans. On garde aujourd’hui traces de cette épopée grâce à la conservation des cartes, correspondances et autres imprimés scientifiques élaborés à l’époque.

Cochasqui

La plupart des mesures ont été prises autour de l’actuel site de Cochasqui. Le groupe obtint la mesure de trois degrés du méridien de Quito et la mesure de l’arc géodésique à la fin de l’année 1739.

Des traces de l’expédition à Cuenca

Cette même année, le groupe se dirige vers le sud et s’arrête dans une des plus vieilles haciendas que compte le pays aujourd’hui. Le groupe de scientifique arrive ensuite dans la région déjà plus clémente de Cuenca.

En août 1739 Jean Seniergues médecin de la mission géodésique fut tué à la suite d’une corrida. Dans l’actuel musée maison de Remigio Crespo Toral, La Condamine avait laissé la pierre où il fit graver les références des mesures et les résultats de la mission. La ville porte aujourd’hui le passage du scientifique puisqu’il y a une rue à son nom.

Fin de l’expédition et traversée de l’Amazone par La Condamine

En 1743, les scientifiques se séparent. La Condamine, lui, traverse le continent en descendant l’Amazone en compagnie de Vicente Maldonado entre 1743 et 1744. En récompense de son aide, Pedro Vicente Maldonado devient membre de l’Académie des Sciences en 1747. Ils partent de la ville de Jaén dans l’actuel Pérou. Encore une fois, il est le premier scientifique français à voguer sur le fleuve. Il cartographie le cours d’eau traversé et précise, notamment qu’il existe une communication entre le bassin de l’Amazonie et celui de l’Orénoque. Il supprime des cartes et en corrige d’autres.

Une descente aux découvertes inspirantes

Son aventure est aussi un temps d’extraordinaires découvertes pour l’époque. Il rapportera des croquis et bouts de l’arbre quinquina dont la quinine est extraite comme antipaludique. Il découvre aussi la gomme d’hévéa à partir de laquelle il fera des expérimentations à Cayenne. On l’appellera par la suite l’arbre à caoutchouc.

Le curare, poison utilisé par les indigènes sur leurs flèches empoisonnées, est aussi une des étonnantes découvertes du scientifique.

À l’embouchure du fleuve, il observe le phénomène de mascaret, vague qui se forme dans les bas-fonds et les bancs de sable. Il donne enfin l’explication de la formation de cette vague déferlante qui se produit peu avant la pleine et la nouvelle lune à marée haute.

L’Eldorado en toile de fond

Les sources et l’historiographie rapportent que le scientifique, en descendant l’Amazone, s’est aussi intéressé aux traditions des peuples autochtones qui peuplaient la région alors. Il s’est en outre intéressé à l’existence des Amazones. Ses écrits sont toutefois empreints de clichés péjoratifs sur ces hommes et femmes vivants dans une nature exubérante. Il interroge aussi le mythe de l’Eldorado et conclut que cette légende n’est que le fruit de la soif de conquête de l’or des Européens.

Retour en Europe et présentation de ses découvertes  

La Condamine fait étape à Cayenne avant de rejoindre l’Europe en 1745. à son retour, il présente ses travaux à l’Académie des Sciences et offre certains des objets rapportés d’outre-Atlantique à Buffon. La Condamine avait, par ailleurs, découvert lors de l’expédition andine de nouvelles espèces telles que le colibri et le condor. Le fameux ouistiti et d’autres mammifères telles que le lamantin, et d’autres oiseaux d’Amazonie ont aussi été décrits et présentés par le scientifique à son retour. Toutes ces découvertes enrichiront par la suite l’Encyclopédie, ouvrage auquel il contribuera et marqua à jamais sa qualité de scientifique.

andes colibri
Andes colibri

En contribuant à étendre les connaissances dans diverses sciences de la nature, La Condamine est dorénavant considéré comme un des précurseurs d’Alexandre Von Humboldt, autre grand scientifique qui étudia les reliefs et la faune et la flore présents en Équateur.

Une expédition scientifique inspirante

Grâce à l’ingéniosité de La Condamine, cette mission inspira de nombreuses avancées scientifiques. Il avait en effet proposé d’utiliser le pendule à seconde comme mesure naturelle pour définir l’attraction gravitationnelle et rapporter l’unité de mesure du mètre inspirant ainsi les savants à l’intégration du système métrique cinquante ans plus tard comme étalon national.

Le journal de voyage du scientifique Journal de voyage à l’Équateur influencera, au XIXe siècle, le choix du nom donné au pays au moment de son indépendance.

Aujourd’hui encore la première mission géodésique menée par La Condamine est présente dans l’histoire des Equatoriens puisque sur le site de la Mitad del Mundo gît un monument commémoratif de l’expédition.

La deuxième mission géodésique en Équateur 1901-1906

Une deuxième Mission Géodésique lui a succédé au tournant du XXe, afin d’affiner les mesures et d’établir l’excellence scientifique de la France en Amérique latine.

Mission de reconnaissance

Le général Léon Bassot et le lieutenant Bourgeois orchestrent et organisent la deuxième mission géodésique en Équateur afin de mesurer un arc du méridien dit de Quito.

Henri Poincaré mathématicien, passionné d’astronomie et de géodésie soutient la mission.

Le général Eloy Alfaro, admirateur de la France, la soutient aussi. Le général Bassot envoie alors deux capitaines en mission de reconnaissance en 1898. Ils arrivent à Guayaquil fin juin 1898 et entament un périple pour évaluer les coûts et besoins. Le président équatorien souhaite mettre en outre à disposition de la France l’Observatoire astronomique de Quito, vidé de ses hommes, mais avec des instruments de mesure allemands. En 1873, le premier observatoire d’Amérique latine est créé par le président de Garcia Moreno, illustre président très attaché à la France. L’observatoire abrite une lunette astronomique de construction allemande rapportée en 1875.

Une expédition plus longue que prévu

Le 6 décembre 1900, le groupe d’hommes embarque à Saint-Nazaire. Le lieutenant Georges Perrier et le médecin Paul Rivet sont présents. Ils sont accompagnés de trente-quatre hommes. Pour calculer le méridien, il est prévu qu’ils se dirigent sur trois bases : au nord à San Gabriel (sud de la Colombie), au centre à Riobamba (Équateur) et au sud à Viviate dans l’actuel Pérou.

L’expédition prévoit aussi de nombreuses observations tant en sciences dures qu’en sciences humaines. Ils étudieront, par exemple, les ressources minéralogiques de l’Équateur. Gonnessiat, astronome français, est nommé à l’observatoire de Quito et il en est charge de recueillir les données météorologiques. Le nouveau président, Léonidas Plaza Gutiérrez qui remplace Eloy Alfaro souhaite que le personnel de l’observatoire soit équatorien mais les Français s’y opposent car les Equatoriens ne sont pas formés. Le président souhaite que les Equatoriens soient alors formés par les Français.

Après maints revirements diplomatiques notamment à la suite de la mort d’un indigène tué par un Français à Chujuj, Plaza réassigne finalement des fonds. Il comprend que la mission apportera des données pour améliorer le réseau de transport et de communication. Il n’est, en effet, pas sans oublier qu’à la même époque le réseau ferroviaire en Équateur est en pleine construction et qu’il apporte une perspective de gains économiques grâce à l’exportation rapide de richesses agricoles.

Paul Rivet : figure phare de l’expédition

Paul Rivet médecin militaire de l’expédition recueille, quant à lui, les données sur la faune, la flore des Andes et mènera des observations anthropologiques. Dès 1904, il enverra des caisses au Muséum d’histoire naturelle afin de rendre compte au public parisien de l’importance de la mission. Il mènera aussi des études historiques ou archéologiques sur les indigènes qui seront la base d’exposition au musée d’ethnographie du Trocadéro. Il étudie notamment l’orfèvrerie préhispanique et la confection du fameux chapeau panama. Il resta six années supplémentaires sur place à observer les populations de la vallée interandine avant de revenir en France. Il écrira avec son comparse René Verneau Ethnographie Ancienne de l’Équateur, ouvrage paru pour la première fois en 1912 et complété en 1922.

En 1906, la mission s’achève avec deux ans de retard. L’étude s’est finalement focalisée sur les bases qui se situaient en Équateur. Cette mission n’aurait pas pu aboutir sans le soutien de l’Équateur qui en finança une partie et qui apporta le soutien de ses militaires.

Cent dix ans plus tard, l’ambassade de France à Quito souhaite apporter son soutien à la troisième mission géodésique en Équateur au travers de projets scientifiques.

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